Le château de Montségur (Montsegur en occitan), construit en 1206, est un château qualifié de cathare. En effet, ce château fut implanté à l'emplacement arasé de l'ancien village fortifié qui constituait, jusqu'au siège de 1244, le lieu de résistance des cathares et des faydits. Les cotes architecturales démontrent que le château actuel fut conçu sur la base de la canne anglaise qui ne fut introduite qu'ultérieurement ce qui prouve que celui-ci a été partiellement reconstruit par la famille du nouveau Seigneur des lieux, le Maréchal de la Foi Guy II de Lévis après la reddition cathare de 1244.

Le château, restauré, est situé sur le point culminant de la montagne qui surplombe le village, à 1 207 mètres d'altitude au dessus du Pays d'Olmes.

Montségur abrita une communauté cathare importante. En 1215, le concile de Latran cite la forteresse comme étant un repaire d'hérétiques. En 1229, le rôle de Montségur comme abri pour l'Église cathare est réaffirmé dans le traité de Meaux-Paris. À partir de 1232, ce rôle ne cesse de se renforcer. Parallèlement, le château accueille également les chevaliers faydits qui furent dépossédés de leur terres par le traité de 1229. Au nombre de ces derniers figure Pierre-Roger de Mirepoix, cousin de Raymond de Péreille qui sera le maître militaire de Montségur.

 

 

La reddition de la place forte

Le 1er mars 1244, Pierre-Roger de Mirepoix se voit contraint de négocier la reddition de la place forte. Les termes en sont les suivants :

  • la vie des soldats et des laïcs sera épargnée,
  • les parfaits qui renient leur foi seront sauvés,
  • une trêve de 15 jours est accordée pour les cathares qui veulent se préparer et recevoir les derniers sacrements.

Le 16 mars, la forteresse s'ouvre à nouveau. Tous les cathares qui refusèrent de renier leur foi périrent sur le bûcher qui fut dressé pour un peu plus de 200 suppliciés dont la femme, la fille et la belle-mère de Raymond de Péreille : après avoir distribué tout ce qu'ils possédaient à ceux qui les avaient défendus durant dix mois, les parfaits de Montségur furent enfermés dans un enclos préparé au pied de la montagne puis les croisés mirent le feu aux fagots qui y étaient entassés . En tout, deux cent vingt hommes et femmes périrent dans le brasier. Parmi eux se sacrifièrent des soldats de la garnison qui n'avaient pas voulu les abandonner.

Pour certains, le bûcher aurait été monté à 200 m du castrum dans le "Prat dels Cremats" (le champ des brûlés) où une stèle fut par la suite érigée par la contemporaine Société du souvenir et des études cathares. Sur la stèle figure l'inscription : "Als catars, als martirs del pur amor crestian. 16 de març 1244". Pour d'autres, il semblerait que le lieu réel du bûcher soit sur la colline au-dessus du parking à droite du col en se rendant sur Montferrier.
D'après Yves Dossat, le bûcher fut érigé à Bram, dans le canton de Fanjeaux.

                                                 Cour intérieur du château

 

Le trésor de l'église cathare

Montségur est supposé avoir abrité le riche trésor de l'église cathare. De ce supposé trésor nous ne savons que peu de choses. Deux faits alimentent les suppositions autour de ce trésor. Le premier, est la fuite à cheval du parfait Mathieu et du diacre Bonnet aux environs de Noël 1243 emportant avec eux "de l'or et de l'argent et une infime quantité de monnaie". On pense que ce trésor est parvenu en Italie à Crémone, lieu d'Italie où une autre communauté cathare importante a vécu. Cette supposition est renforcée par les correspondances épistolaires avérées entre les deux communautés.

Un deuxième trésor aurait été sauvé durant la trêve de mars 1244 puisqu'il est fait état de quatre individus s'enfuyant de Montségur avec un chargement. Les historiens conjecturent que ce trésor réunissait les nombreux textes hérétiques conservés par les Parfaits dans la forteresse.

Le Graal pyrénéen

Montségur a été considéré comme étant le château du Graal. Le Graal aurait été une des pièces du trésor de l'église cathare : la coupe dans laquelle Joseph d'Arimathie aurait recueilli le sang du Christ sur le mont Golgotha ou bien l'émeraude tombée de la couronne de Lucifer lors de la chute des Anges. L'Allemand Otto Rahn a été l'artisan zélé de ce mythe que lui avait inspiré un érudit d'Ussat-les-Bains, Antonin Gadal.

 

 

 

En Quête de l'Esprit - Les grottes constituent les étapes du chemin initiatique des futurs "Parfaits".

 

Le jeune néophyte cathare commence sa quête spirituelle en montant vers les "églises d'Ussat. Il Franchit la "muraille symbolique" qui séparait le monde matériel, profane, trop bien connu, qui le possède encore, du monde spirituel encore inconnu de lui mais dont il a l'ardente aspiration. Il entre alors, accompagné d'un ancien, dans la grotte-église d'Ussat. C'est le début d'une longue formation, une autre vie rythmée par le travail, l'étude, les prières, les jeûnes.
Empruntant les galeries souterraines et les sentiers de montagnes, il parvient aux grottes avoisinantes : la Chapelle, les cuisines, les ateliers, les cryptes, la grotte de l'Acacia où il découvrira plus tard un symbole majeur gravé dans la roche : la Croix du Grand-Maître.
Avec le temps, sa perception intérieure s'affinant, il progresse vers l'Est et atteint un autre groupe de grottes : "Ramploque", l' "Ermite", le "Grand-Père", pour y poursuivre la seconde étape de son initiation dans les trois grottelles sacrées de "Kepler", "Mès-Naut" et "Ka" : phase essentielle de totale purification, de mort à la vie inférieure et d'élévation, appelée "Endura".
Candidat à la perfection, il est maintenant introduit dans un processus d'initiation à la vérité vivante, une "Endura" en trois phases dont deux sont déjà partiellement vécues :
Formation, Réformation et Transformation :
Avant de recevoir le "Consolamentum", le futur Parfait devait abandonner sa "chenille", c'est-à-dire la vie liée à la matière, s'en débarrasser moralement (grotte de Kepler).
La chenille s'endort en une chrysalide, après la mort de sa première matière.
L'homme matériel devient homme-esprit dans la seconde grotte (Mès-Naut). La troisième grotte sacrée (Ka) voit sa transformation d'homme-esprit en Âme-Lumière éveillée.
La chrysalide se mue en un insecte parfait qui prend son envol, une Âme parfaite. Dans la troisième et dernière étape de sa "renaissance" selon l'âme divine devenue pure Lumière, le futur Parfait est conduit à la plus importante de toutes les grottes : celles de "Bethléem", à Ornolac. Il passe la "Porte mystique" qui sépare le domaine des "vivants selon l'âme" du domaine des morts. Au-delà, se trouve une grande maison de pierre, séjour des prêtres cathares.

La muraille symbolique


 

La Grotte de Bethléem

La grotte de Bethléem est la plus fascinante de toutes.
Elle était le coeur de l'initiation cathare, la matrice du Sacerdoce cathare. Là naissait le "Nouveau Christ", l'Homme Nouveau. L'initié y devenait Parfait.
De forme oblongue, la grotte possède deux entrées, comme beaucoup de grottes initiatiques : l'une à l'ouest est l'entrée des "parfaits", l'autre est réservée au Grand-Maître. Face à la première entrée, il y a, comme sculpté par la nature dans la paroi rocheuse, un grand pentacle. Non loin du pentacle se dresse un autel de granit sur lequel reposait l'Evangile cathare de Jean, ouvert à la première page. De chaque coté de la paroi, dans des alcôves, des lumières répandaient une douce clarté. L'une d'elles abritait une coupe qui sera identifiée au Saint Graal.
Pureté, simplicité, profondeur de ces premiers rites apostoliques - bien antérieurs à l'amalgame du christianisme et du paganisme opéré au IVème siècle - et qui caractérisent la vraie Co-naissance, la Gnose, donnant accès aux Mystères de la Vie en Esprit.

Naissance


 

Mort et Résurrection

A Bethléem est fêtée la résurrection de l'Âme divine emprisonnée dans le tombeau de la nature, enserrée dans les bandelettes du corps matériel. C'était la résurrection de Lazare, qui n'est autre que Jean, le disciple aimé de Jésus. Sa mort est l'ultime stade de l'initiation permettant à l'âme divine de se libérer de sa liaison à l'enveloppe matérielle.
Le candidat est prêt à affronter maintenant la phase finale de l'initiation : celle du sacrifice de sa vie, but suprême de sa longue préparation. Il lui manquait encore l'anéantissement de sa matière, l'acte de rendre " à la poussière ce qui n'est que poussière".
Il devait mourir selon la vieille nature, avant de s'élever en l'Esprit.
Le corps matériel et ses convoitises vaincus, l'âme avait déjà appris depuis longtemps à s'envoler par le Chemin des Etoiles. Elle doit maintenant faire l'offrande parfaite de sa vie, s'unir à la vie du Christ, "imiter" son divin Maître.

 

Homme nouveau

Conduit par l'Ancien, le candidat arrive au lieu sacré de son ordination, de sa réformation. Dans la grotte illuminée, il est accueilli par ses frères et il reçoit l'oraison, le "Notre Père" qui doit orienter désormais tous les actes de sa vie.
Le moment suprême de cette cérémonie consistait à prendre place à l'intérieur du pentacle afin de sceller définitivement en lui la réalité vivante de l' "Homme Nouveau Quintuple".
Libéré de toute matérialité, par l'offrande de lui-même, il entrait dans le sacerdoce cathare. Il percevait alors, dans toute sa force, la réalité du Saint Graal : la grande offrande de l'Amour, source inépuisable de force. Il devait boire intérieurement à cette coupe qui lui était alors comme tendu par le chef de l'ordre.
Pur en tout, il était devenu l'un des "parfaits", non plus l'Osiris vert, le simple chercheur de lumière, mais l'Osiris noir des régions célestes, uni au Fils par sa mission, intégré dans le sein du Père par l'Âme-Esprit.

" Soyez parfait comme votre Père céleste est parfait ".



 
Le chemin des étoiles

A l'origine, chaque âme est une étoile du firmament divin, un rayon de la Pensée divine.
Lé "chemin des étoiles" envisage l'extinction des feux du zodiaque naturel - feux qui nourrissent et régissent l'existence de l'homme terrestre soumis aux astres et aux éléments - et la renaissance de l'Âme-Lumière, étoile du Cosmos divin.
Dans ce processus, l'âme se détache de tous ses liens terrestres et revêt l' "Habit de Lumière" qu'elle avait dû abandonner lors de sa chute dans la matière.

"Après de longues épreuves et purifications pour atteindre la Perfection, les âmes remonteront dans l'azur. Voyez cet océan de l'Ether, semé d'îles de feu, d'archipel de lumière ! Ce sont les stations de l'âme, d'astre en astre, de constellation en constellation jusque dans le sein du Père".
Le candidat au retour à l'harmonie originelle doit traverser toutes les sphères de la nature et du cosmos, il doit s'arracher à toutes les emprises émotionnelles et mentales de ce monde, en un mot : " vaincre la mort et le monde".
Alors, l'homme-Âme délivré prend son envol vers sa Patrie.
Ce voyage de l'âme étrangère à ce monde, à travers les domaines cosmiques, soumis aux puissances cosmiques (les Eons et les Archontes des premiers gnostiques), est abondamment décrit dans la "Pistis Sophia", l'Evangile de Marie, les textes hermétiques, les épîtres de Paul.


 

 

LES CHÂTEAUX CATHARES

La région est célèbre pour ses architectures médiévales dont les châteaux cathares demeurent les pièces maîtresses. Les Cathares, groupe chrétien dissident, bâtirent leurs forteresses sur les hauteurs imprenables des Pyrénées qui les protégeaient des persécutions officielles envers les hérétiques. Pour la plupart désormais en ruine, ces majestueux témoins de l’histoire régionale constituent d’incontournables ballades autant que des aires de pique-nique rêvées, avec d’extraordinaires points de mire sur la chaîne des Pyrénées.

 

Grotte de Lombrives et Niaux

Situé à Ussat-les-Bains et composé de plusieurs centaines de grottes distinctes aux dimensions colossales (la salle de la Cathédrale à Lombrives possède un volume équivalent Notre Dame de Paris), cet ensemble de cavités surprend par la variété des paysages souterrains. Lombrives, la plus vaste grotte éco-aménagée pour le public dans les pays de la C.E.E. (et inscrite au Livre Guinness des records) fait partie d'un immense réseau : Lombrives, Niaux, Sabart. Ce réseau se développe entre les vallées du Vicdessos et de l'Ariège, au sud de Tarascon. Ce karst ancien est constitué de plusieurs niveaux : les plus anciens, aujourd'hui les plus démantibulés se situent près du sommet du Cap de la Lesse, entre ces deux vallées. Deux niveaux intermédiaires horizontaux sont accessibles dans la grotte de Lombrives, caractérisée par l'immensité de ses salles. La grotte accueille pendant l'été des concerts qui bénéficient de l’exceptionnelle acoustique naturelle du lieu.

Une initiation longue, sévère, pour les futurs prêtres cathares, les "purs".
Ces antres souterrains, lieux de rencontre avec la "Toute Puissante Essence Créatrice", leur offraient un habitat sûr et paisible.
Ils en fortifièrent certaines en véritables châteaux forts : les "spoulgas".
Entre ces différentes grottes, Gadal voit un lien qui avait jusque là échappé à l'attention des historiens et des amateurs. Nous y reviendrons ! .
Après une année de probation sur la Montagne Sacrée, le jeune néophyte cathare, célébrait son initiation dans la grotte de Bethléem, à Ornolac, et accédait ainsi à l'état d'Âme vivante, l'état de " pur", de " parfait". Franchissant alors la "porte mystique", il revenait dans le monde pour se consacrer à l'humanité souffrante, au service du Christ.
Prenons maintenant le chemin des grottes !

En 1244, après la chute de Montségur, la grotte de Lombrives devint le séjour d'un évêque cathare, Amiel Aicard. Ce parfait avait en effet reçu l'ordre de quitter la forteresse assiégée dans la nuit de sa reddition en 1244 et de transporter à Lombrives le "trésor sacré des Cathares".
La partie supérieure de la grotte vit le lent trépas des 510 Cathares emmurés vivants en 1328 sur l'ordre de Jacques Fournier, inquisiteur.

Entrée du spoulga