Au début du 17 eme siècle, la Fraternité de la Rose-Croix a lancé un appel à partir de l'Allemagne; cette extériorisation semi-publique ne fut pas concrétisée par la formation d'une organisation visible.

Les archives des affaires étrangères recèlent bien des trésors. Ainsi, cette curieuse missive adressée en avril 1758 au marquis de Marigny, alors ministre en charge des manufactures du roi. Son auteur se présente sous le titre de comte de Saint-Germain. Il explique qu'il a fait de grandes découvertes dans l'amélioration des procédés de teinture, chez lui en Allemagne, et qu'il serait heureux d'en faire profiter le royaume de France. Cette lettre est une véritable perle documentaire, puisqu'elle émane de l'homme qui allait fasciner l'Europe entière pour ses prétendues qualités d'alchimiste ! Considéré à juste titre comme le sphinx du XVIIIe siècle, le comte de Saint-Germain reste encore aujourd'hui une énigme. La plupart des encyclopédies s'accordent à le qualifier de simple aventurier, tant sa naissance et ses motivations à vouloir approcher les têtes couronnées demeurent obscures. Au même titre que Nicolas Flamel, son nom est associé à la fameuse pierre philosophale, mais les mythes ont toujours fait une part belle à l'imagination. Dans leur correspondance régulière, Voltaire et Frédéric II ironisaient déjà sur " cet homme qui ne meurt jamais " ou ce " conte pour rire "… Revenons donc sur le parcours de ce personnage qui défraya la chronique.

Première apparition :

C'est l'écrivain britannique Horace Walpole qui en fait pour la première fois mention en 1745. Dans l'une de ses lettres, il rapporte en effet qu'un mystérieux étranger est à Londres depuis deux ans et connaît quelques démêlés avec la police. A l'époque où il écrit, il règne en Angleterre un véritable climat de suspicion. Les autorités redoutent des complots jacobites et le retour des Stuarts sur le trône. Dans ce contexte troublé, cet extravagant comte de Saint-Germain est soupçonné d'être un espion à cette cause, mais la police se contente de l'assigner un temps à résidence faute de preuves suffisantes. Walpole note que cet homme admet cependant porter un titre d'emprunt, et qu'il se dit prêt à décliner sa véritable identité au roi en personne. Une telle présomption lui fait dire que ce drôle d'oiseau est tout sauf un gentilhomme !

Cet incident mis à part, ce comte de Saint-Germain fait parler de lui sur un tout autre registre. S'affichant auprès de la haute noblesse, il passe en effet pour un violoniste virtuose au sein du monde musical de la capitale britannique. Walpole parle de lui en ces termes:" Il chante et joue du violon à merveille, il compose, il est fou et déraisonne. " Le célèbre éditeur Walsh publie d'ailleurs une dizaine de ses compositions entre 1745 et 1765. Il quitte l'Angleterre aux alentours de 1746 et ne fait pas parler de lui pendant plus de 10 ans. Où disparaît-il ? On le dit aux Indes ou à la cour du Shah de Perse, mais la véracité de ces séjours lointains est plus que douteuse. Si l'on s'en tient à la lettre qu'il écrit au marquis de Marigny en 1758, il faut croire qu'il se retire sur ses terres en Allemagne pour s'adonner à l'une de ses grandes passions : la chimie. Sa démarche auprès du ministre de Louis XV n'est sans doute pas anodine. Le marquis n'est autre que le frère de Mme de Pompadour, une recommandation éventuelle pour obtenir audience à Versailles. D'abord sceptique, le ministre se laisse finalement convaincre et lui fait aménager plusieurs appartements du château de Chambord pour parachever ses expériences.

 Présenté ensuite à la Favorite, celle-ci est rapidement séduite par la singularité de cet aristocrate savant et polyglotte. Elle décèle en lui un moyen de distraire un peu le roi, véritable " martyr de l'ennui " d'après les dires de Casanova. La passion pour les sciences rapproche effectivement les deux hommes. Louis XV est impressionné par les connaissances de ce comte qui arbore des diamants plus gros que les siens. Il lui accorde bientôt toute sa confiance, participant à l'occasion aux travaux sur les fameuses teintures qui doivent améliorer la qualité des tissus français. Ces expériences ne donneront jamais de résultats dignes d'être exploités à grande échelle…

 A la cour du Bien-Aimé :

En tant que femme de chambre de La Pompadour, Mme du Hausset est la témointe privilégiée de ses allers et venues à Versailles, consignant fidèlement dans un journal certains de ses entretiens avec la pimpante marquise. Elle décrit le comte comme un homme d'une cinquantaine d'année, bien conservé de sa personne et d'une élégance recherchée. Toutefois, le bruit s'est répandu à la cour que des personnes l'ont rencontré sous cette apparence bien des années auparavant ! La persistance de ces rumeurs pousse Mme de Pompadour à l'interroger sur sa naissance :

- " Mais enfin vous ne dites pas votre âge, et vous vous donnez pour fort vieux. La comtesse de Gergy qui était, il y a cinquante ans je crois, ambassadrice à Venise, dit vous y avoir connu tel que vous êtes aujourd'hui.
- Il est vrai Madame, que j'ai bien connu, il y a longtemps, Mme de Gergy.
- Mais suivant ce qu'elle dit, vous auriez plus de 100 ans à présent ?
- Cela n'est pas impossible, dit-il en riant, mais je conviens qu'il est encore plus possible que cette dame que je respecte, radote.
- Vous lui avez donné, dit-elle, un élixir surprenant par ses effets, elle prétend quelle a longtemps parue n'avoir que 25 ans. Pourquoi n'en donneriez-vous pas au roi ?
- Ah ! Madame, dit-il avec une sorte d'effroi, que je m'avise de donner au roi une drogue inconnue, il faudrait que je fusse fou ! "

Le "Grand monde" parisien raffole de ces histoires. A tel point, qu'un comédien surnommé "Milord Gauve" se met à courir les salons en se faisant passer pour le comte de Saint-Germain ; lui faisant dire qu'il vit depuis plusieurs siècles et qu'il a même rencontré le Christ… L'intéressé s'amuse de tout ce batage autour de lui en entretenant le doute. Ses vastes connaissances de l'Histoire de France, alliées à ses talents de conteur, émerveillent La Pompadour. Lorsqu'il lui décrit la cour de François Ier, elle en vient presque à penser qu'il a vraiment connu cette époque révolue depuis 150 ans : " Quelquefois je m'amuse non pas à faire croire, mais à laisser croire, que j'ai vécu dans les plus anciens temps ", lui repond-t-il. Le mot d'alchimiste finit par être murmuré à son encontre. Ces soupçons tiennent à son train de vie fastueux sans qu' aucun envoi d'argent ne lui parvienne dans le royaume, suivant les conclusions de l'enquête menée par un lieutenant de police de l'époque . Mieux encore, le roi fait un jour appel à Saint-Germain pour effacer les tâches indélibiles sur l'un de ses diamants. Ce dernier rapporte la pierre précieuse dans tout son éclat un mois après, faisant gagner près de 4000 livres à un Louis XV stupéfait !

 Saint-Germain diplomate :

Une telle popularité ne manque de susciter des jalousies. Casanova a consacré plusieurs pages de sa fumeuse Histoire de ma vie à ses différentes rencontres avec le comte de Saint-Germain. Il ne l'aime pas, voit en lui un charlatan, mais on sent une pointe admiration derrière ses attaques . Parlant du comte de Saint-Germain, Casanova écrit :

" Il est vrai qu'il était difficile de parler mieux que lui…Il avait un ton décisif, mais d'une nature si étudiée qu'il ne déplaisait pas. "
Plus loin : " ...sur quelque sujet et sur quelque époque qu'on l'interrogeât, on était surpris de le voir connaître ou de lui entendre inventer une foule de choses vraisemblables, intéressantes, et propres à jeter un nouveau jour sur les faits les plus mystérieux. "

A bien des égards, nos deux personnages se ressemblent, sauf que l'un semble plus briller que l'autre dans les conversations mondaines…

A la tête des Affaires Etrangères, le duc de Choiseul est en revanche décidé à montrer de quelle " carrière Saint-Germain extrait sa pierre philosophale. " Choiseul déteste le comte pour sa familiarité suspecte avec Louis XV. S'il ne parvient pas à découvrir l'origine de ses ressources financières, il entre dans une colère noire lorsqu'il apprend que le roi en a fait son diplomate officieux. Voulant en finir avec la ruineuse guerre de 7 ans, Louis XV a en effet chargé le comte de tester les intentions anglaises dans ce sens. En février 1760, il est missionné secrètement en Hollande afin d'entamer des pourparlers de paix. Cette diplomatie parallèle n'est vraiment pas du goût de Choiseul. Décidé à poursuivre les hostilités, il s'attèle à faire capoter les négociations entamées par celui qu'il considère comme un espion au service de la Prusse. Les archives de cette période nous révèlent son ardeur à discréditer Saint-Germain auprès de ses interlocuteurs :

 "Versailles, le 19 mars 1760.
"Je vous envoie une lettre de M.de Saint-Germain à Mme la marquise de Pompadour qui suffit seule pour faire connaître l'absurdité du personnage ; c'est un aventurier de premier ordre, qui de plus par ce que j'en ai vu est fort bête.
Je vous prie, aussitôt ma lettre reçue de le faire venir chez vous, et de lui dire de ma part que j'ignore de quel oeil les ministres du Roy chargés du département des finances envisageront sa conduite ridicule en Hollande relativement à cet objet ; mais que quant à moi, vous avez ordre de le prévenir que si j'apprends que de près ni de loin, en petit ou en grand, il s'avise de se mêler de politique, je l'assure que j'obtiendrai l'ordre du roi pour qu'à sa rentrée en France, il soit mis le reste de ses jours dans un cul de basse-fosse.
Vous lui ajouterez qu'il peut être certain que ces dispositions de ma part à son égard sont aussi sincères qu'elles seront exécutées, s'il me met dans le cas de tenir ma parole. Après cette déclaration vous le prierez de ne plus remettre les pieds chez vous, et il ne sera pas mal que vous fassiez publier et connaître à tous les ministres étrangers, ainsi qu'aux banquiers d'Amsterdam le compliment que vous avez été chargé de faire de cet aventurier..."

Lâché par Louis XV qui ne le soutient pas officiellement, le comte se voit contraint de fuir vers l'Angleterre.

Après 15 ans d'absence, ce retour ne passe pas inaperçu dans la presse anglaise qui lui consacre plusieurs articles . On peut lire dans le London chronicle du 31 mai-3 juin 1760 :

" En toute justice nous pouvons dire que cet homme doit être considéré comme un étranger inconnu mais inoffensif, il a des ressources dont la provenance est inexplicable mais qui lui permettent de mener grand train. Venant d'Allemagne, il parvint en France avec la réputation éclatante d'un alchimiste qui possède la poudre secrète et, de ce fait, la médecine universelle. On murmura que l'étranger pouvait faire de l'or. Le pied sur lequel il vit paraît confirmer cette rumeur. "

Néanmoins, il ne connaît pas le même succès qu'à Versailles et regagne le continent en tâchant de se faire un peu oublier. En 1762, il se rend à Saint-Pétersbourg et loge chez son ami le peintre italien Pietro Rotari, celui-là même à qui nous devons le seul portait conservé du comte. Un bon nombre d'auteurs, emballés par sa personnalité hautement romanesque, le font participer au complot qui porta la Grande Catherine sur le trône de Russie . Il n'existe pourtant aucune preuve venant confirmer ces allégations. Ces soupçons tenaient à la déclaration faite un jour par le comte Orlov, qui avait affirmé que Saint-Germain joua un grand rôle dans la réussite de cette révolution de palais. Sauf que le personnage en question est un homonyme du nom de Claude-Louis de Saint-Germain. Ce général français mobilisa en effet toute l'attention de Pierre III lors d'une offensive au Danemark, l'empêchant ainsi de sentir ou deviner le complot tramé dans son dos.

Si l'on se remémore les propos de Walpole, le comte de Saint-Germain ne porte pas ce titre par droit de lignée ou faveur royale. D'après Mme du Hausset, Louis XV semblait être dans la confidence de ses origines familiales, car " il ne souffrait pas qu'on parle du comte avec mépris et railleries. " Dans un autre passage, elle écrit que " le roi en parle quelquefois comme étant d'une illustre naissance. " Mme de Genlis, à qui Saint-Germain rendit de fréquentes visites, laisse entendre quant à elle qu'il était sans doute " le fils d'un souverain détrôné. "

Par le recoupement d'autres témoignages, certains historiens sont tentés de voir en lui le fils bâtard de la reine Marie-Anne de Neubourg et de son amant l'Amirante de Castille. Cette liaison adultère était un secret de polichinelle à la cour de Madrid. Dans le tumulte entourant la succession au trône d'Espagne à la fin du XVIIe siècle, cet enfant illégitime aurait été caché, puis séparé de sa mère pour vivre sous plusieurs identités. Le comte de Saint-Germain raconta au détour d'une conversation avec Mme de Genlis que "tout ce qu'il pouvait dire sur sa naissance, c'est qu'à 7 ans il errait au fond des forêts avec son gouverneur, et que sa tête était mise à prix !". Confié à un puissant parent de la reine, le duc de Toscane peut-être, l'enfant aurait reçu sa haute éducation auprès du dernier des Médicis, et hérité ensuite des domaines de sa mère dans le Palatinat allemand. Cette hypothèse est bien sûr à prendre avec des pincettes, mais elle a au moins le mérite d'expliquer de façon plus rationnelle l'origine de sa fortune, et de mieux comprendre son besoin viscéral d'être admis parmi ses pairs ou des monarques.

Faut-il donc voir une connotation symbolique dans le titre qu'il s'octroya ? Plusieurs indices poussent à la croire. Lorsqu'il se fixe en Allemagne à partir de 1777, le comte prend le nom de Welldone ou Weldon. A un ambassadeur de Frédéric II, il confie avoir pris auparavant le nom de Saint-Germain qui ne voulait rien dire d'autres que "Saint-Frère" (Sanctus Germanus). Pris dans son ensemble, le vocable sous lequel il se fit connaître peut même se traduire par compagnon (Comes) de la Sainte Fraternité.

Dans un siècle qui voit éclore la franc-maçonnerie, ses liens avec les obédiences mystiques sont plus ou moins perceptibles. Au prince de Hesse, chez qui il termine ses jours "officiellement", il déclare peu de temps avant de mourir être " le plus ancien des maçons . " Le fantasque Cagliostro affirmait de son côté avoir été "l'aprrenti" de Saint-Germain. C'est dans la cellule romaine de ce même Cagliostro, que fut découvert l'ouvrage hermétique intitulé Très Sainte Trinosophie, aujourd'hui conservé à la bibliothèque de Troyes et attribué au comte de Saint-Germain.

Le comte de Saint-Germain a-t-il pour autant été alchimiste ? Les témoignages en ce sens prêtent à sourire. Lorsqu'il lui rend visite à Tournai en 1763, Casanova prétend avoir assisté à la transmutation d'une pièce d'argent en or fin par le comte ! L'aventurier italien resta toutefois perplexe sur cette opération, croyant sans doute à un habile tour de passe-passe. A la fin du XVIIIe siècle, la plupart des loges maçonnes s'intéressent à l'alchimie sur un plan strictement spéculatif et symbolique. Certains textes portés au crédit de Saint-Germain, comme ce curieux Sonnet sur la création, montrent que sa recherche de la pierre philosophale vise au perfectionnement de l'âme et accessoirement, à la conservation optimale de l'aspect physique. Bon nombre de ses contemporains se sont ainsi étonnés de son régime alimentaire frugal et non carné. Le comte prodiguait maints conseils expliquant son apparente longévité, notamment par exemple de ne pas boire…en mangeant. A défaut de Grand ou de hors-d'Œuvre, il laissera au moins à la postérité le souvenir d'un bon diététicien !

Les registres de l'église d'Eckenförde, en Allemagne, renferment le procès-verbal suivant :

" Décédé le 27 février, enterré le 2 mars 1784, celui qui se donnait le nom de comte de Saint-Germain et Welldone, sur lequel on n'a pas d'autres renseignements, a été inhumé dans l'église de notre ville. "

Un tel homme pouvait-il donc mourir ? Ses adeptes et détracteurs allaient se charger de le ressusciter en enrichissant sa légende. On lit dans un journal parisien daté du 6 juin 1784 :

" … une érudition et une mémoire prodigieuse le secondaient parfaitement, dans l'attention qu'il ne perdait jamais de vue de laisser tout le monde dans l'ignorance absolue sur son origine, son âge et le lieu de sa naissance. Il prétendait avoir connu beaucoup Jésus-Christ et s'être trouvé à côté de lui aux noces de Cana, lorsqu'il changea l'eau en vin. A ce compte, il avait vécu plus de 2000 ans, et on s'étonne qu'il n'ait pas jugé à propos de vivre encore quelques milliers, car en cela il n'y a que le premier mille qui coûte. "

 

      

 Le chef de la hiérarchie spirituelle régulière, au service du plan du Christ pour la rédemption des âmes, est appelé Christian Rosenkreuz. Ce personnage mystérieux dirige la Fraternité Occidentale des Mystères à partir d'un corps incarné. C'est pourquoi cette Fraternité tient à demeurer secrète, par sécurité mais également pour éviter l'idolâtrie de la personnalisation.

Christian Rosenkreuz est le nom initiatique d'un libéré ayant accomplit l'œuvre de transmutation de son corps humain en un corps immortel. Pour se manifester sur notre dimension physique, cet initié emprunte un corps visible, mais il n'est plus de ce monde, le nom symbolique Christian Rosenkreuz est la formule qui caractérise l'état sublime d'un être qui est devenu le Chrétien à la Rose et à la Croix , ce qui veut dire que son âme (la Rose) a été régénérée par son sacrifice (la Croix). Il est devenu un vrai chrétien , c'est-à-dire un immortel. Nous sommes ici très éloignés de ceux qui se prétendent chrétiens dans la sphère religieuse. Seul un immortel ayant accompli ce processus de transformation peut s'appeler Rose-Croix et se dire disciple de Rosenkreuz, au service de la Fraternité qu'il dirige. Seul un Rose-Croix est un vrai chrétien. Christian Rosenkreuz est entouré d un groupe de 12 disciples - le cercle de la Rose des Mystères — et de nombreux collaborateurs anonymes, œuvrant sur la Terre dans différents domaines.



Des organisations ont usurpé le nom de cet initié pour gonfler les effectifs de son équipe de Maîtres de Sagesse . Ainsi, un autre Maître du même acabit est apparu sous le nom de Comte de Saint-Germain . la légende de Saint-Germain est apparue au I8 eme siècle à la cour de louis XV, lorsque ce singulier personnage approcha le roi pour préparer la France aux bouleversements à venir. Or, derrière le masque de Saint-Germain se dissimulait le grand initié Christian Rosenkreuz.

Son nom a fait l'objet de nombreuses spéculations au cours des siècles. De nos jours, il existe encore des sociétés initiatiques, surtout en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis, qui se réclament de la tradition rosicrucienne, de son fondateur et des autres maîtres du passé. Il s'agit, presque toujours, de l’oeuvre de quelques maniaques fanatiques, de congrégations de type protestant et puritain — autant de choses aussitôt condamnées. Bien sûr, il existe aussi de nos jours une authentique tradition qui nous arrive directement du fondateur. Ses maîtres et ses disciples, agissant, là, dans le secret et la sérénité, restent presque tous inconnus.
 

Tout ce qui se raconte au sujet de Rosenkreuz et de ses assistants est de l'affabulation car cette fraternité est et demeure secrète.